La Newsletter du lundi
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Petit manuel du masochisme entrepreneurial (avec solutions hein 😜)

par | 19, Jan 26

Salut,

J’espĂšre que tu vas bien 😉

Ce matin, AurĂ©lie, une amie, m’envoie un article : « Pourquoi les roux ressentent ils la douleur diffĂ©remment ? ».

Bon, déjà, je ne suis pas roux, je suis blond vénitien ce qui est une différence fondamentale que seuls les gens raffinés comprennent. #déni #noussachons

Je ne comprends toujours pas pourquoi elle m’a envoyĂ© ça.

En vrai je sais : c’est une forme de torture mentale qu’elle cherche Ă  m’infliger sous couvert de bonnes intentions.

Elle sait trĂšs bien ce qu’elle fait.

Blague à part, on papotait de santé, de cadeaux de Noël, de politique
 et PAF.

Cette idĂ©e a germĂ©, enfin surtout chez elle, parce que moi j’Ă©tais en galĂšre de sujet pour cette newsletter.

J’allais justement vous parler de comment Ă©crire et lancer une newsletter, parce qu’on en avait parlĂ© lors du dernier DĂ©brief avec un mini mode d’emploi qu’on a fait avec les membres (replay dispo ici en Ă©tant abonnĂ©).

En vrai, c’est chiant, et peut-ĂȘtre que t’en as rien Ă  secouer d’Ă©crire une newsletter.

Je voulais aussi te parler de cette anecdote avec une cliente qui me suit depuis longtemps et qui recherchait quelqu’un pour faire son site et ses pubs
 jusqu’Ă  ce que je lui dise « bah moi ».

Oui oui, mĂȘme si je ne le crie pas sur tous les toits : je fais des sites depuis 20 ans, j’Ă©cris pour des clients, je prĂ©pare des pubs, des tunnels de vente, des produits en ligne.

Oui je sais, JP sait tout faire.

Outre le cĂŽtĂ© hyper narcissique assumĂ©, c’Ă©tait surtout redondant avec cette idĂ©e de « bien ĂȘtre au clair sur ce qu’on propose »  blablabla = Poubelle.

Jusqu’Ă  ce qu’on arrive Ă  CE sujet.

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Pourquoi est-ce qu’on rĂ©siste autant Ă  la douleur, la souffrance et l’inconfort quand on est indĂ©pendant ?

Et oui, t’as remarquĂ© la dose de souffrance qu’on s’inflige parfois quand on est Ă  son compte ?

Bon ok, on ne s’en rend pas trop compte au dĂ©but, mais quand je pense Ă  tous les sujets que j’aborde dans cette newsletter et dans mes accompagnements
 Franchement, c’est Ă  se demander pourquoi on se fait autant chier en Ă©tant Ă  son compte.

Perso j’ai ma rĂ©ponse, mais toi ? Tu as remarquĂ© Ă  quoi tu rĂ©sistes quotidiennement ?

Entre :

  • L’anxiĂ©tĂ© gĂ©nĂ©rĂ©e par ton Chiffre d’Affaire qui fait le Yoyo.
  • Toutes ces choses que tu dois apprendre : communiquer, la compta, la lĂ©gislation, ton expertise, la logistique.
  • Le fameux 35h troquĂ© contre un H24, 7 jours sur 7.

On est obsĂ©dĂ© par le truc et on arrive parfois mĂȘme plus Ă  s’autoriser Ă  faire autre chose.

On devient chiant auprĂšs de notre entourage sans s’en rendre compte, parce qu’on ne parle et ne vit que pour ça.

Et chose marrante : c’est souvent quand ça ne tourne pas comme on veut que c’est pire.

En mĂȘme temps c’est normal.

Si tu flippes de finir sous un pont, que tu penses que tu t’es peut-ĂȘtre plantĂ© et qu’au final ton patron toxique Ă©tait moins toxique que l’URSSAF, ou encore que ton manque de lĂ©gitimitĂ© est aussi bienveillant qu’un oursin qui a Ă©lu domicile avec toute sa famille dans tes godasses
 forcĂ©ment il y a de quoi ĂȘtre lĂ©gĂšrement obsĂ©dĂ© par le sujet.

Alors loin de moi d’apporter une rĂ©ponse toute faite (Tu sais que c’est pas mon genre).

Mais pourquoi ne pas lancer une rĂ©flexion et, soyons fous, voir tout ça sous un angle diffĂ©rent, plus positif mĂȘme.

Je dis souvent qu’Ă  chaque situation il y a une rĂšgle du jeu Ă  accepter.

La rĂšgle en tant qu’indĂ©pendant, c’est tout ça (entre autre).

Mais voilĂ  le truc le plus bizarre : Quand tu accompagnes des gens dans leur mieux-ĂȘtre, tu es le premier Ă  leur dire : « Vous devez prendre du temps pour vous. »


 Alors que toi-mĂȘme tu as prĂ©vu de bosser sur ta comm jusqu’Ă  23h en rentrant ce soir.

Paye ton incohérence.

Et le pire dans tout ça, c’est que TU SAIS que c’est en faisant autre chose, en parlant d’autres choses, en cĂŽtoyant d’autres personnes que des confrĂšres
 que ça va mieux.

C’est comme une spirale sans fin, parfois tout tourne autour de ton taf, et c’est lĂ  que ça devient contre-productif.

Alors oui, parfois faut s’y mettre hein et ça ne ressemble pas forcĂ©ment Ă  une balade au bord de mer.

Surtout quand le frigo fait la gueule, mais laisse moi revenir plus en dĂ©tail sur cette question initiale : Pourquoi est-ce qu’on rĂ©siste autant Ă  la douleur, la souffrance et l’inconfort quand on est indĂ©pendant ?

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Quelques théories approximatives (mais pas complÚtement débiles)

ThĂ©orie n°1 : Parce qu’on aime ça

Des fois je me dis : j’aime ça d’en chier parfois.

Mais en vrai non.

Personne n’aime vraiment galĂ©rer, on aime juste l’idĂ©e romantique de la galĂšre.

Genre « regarde comme je suis courageux, je travaille jusqu’Ă  minuit sur mon tunnel de vente ».

Sauf que ton courage n’impressionne personne. Surtout pas ton conjoint qui aimerait bien te voir avant que tu t’Ă©croules de fatigue.

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Théorie n°2 : La gratification future

« Hey regarde, j’en ai chiĂ©, je MÉRITE. »

Ce qui voudrait dire que sans souffrance, pas de plaisir à la réussite ?

Mouais. C’est un peu comme dire qu’un gĂąteau est meilleur si tu te cognes la tĂȘte contre le four pendant 3h avant de le faire cuire.

Non, le gĂąteau est bon parce qu’il est bon, pas parce que t’as souffert.

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ThĂ©orie n°3 : C’est un passage obligĂ©

Peut-ĂȘtre
 ou peut-ĂȘtre qu’on se gourre complĂštement.

Si « en chier » devenait normal ? Bah oui, au fond, tout est dur à un moment donné.

L’apprentissage de la marche, apprendre une nouvelle langue, un mĂ©tier, n’importe quoi en vrai. Tout est dur quand on y pense bien.

Mais la question est de savoir pourquoi on développe parfois une telle résistance et quelle est au fond sa limite.

Aller simple pour le burnout ? Ou déni sur nos capacités réelles à affronter une difficulté ?

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ThĂ©orie n°4 : On rĂ©siste parce qu’on a peur d’avoir tort

Celle-lĂ , elle fait mal.

On rĂ©siste Ă  demander de l’aide parce que ça voudrait dire qu’on ne sait pas tout.

On résiste à déléguer parce que « personne ne le fera aussi bien que moi ».

On rĂ©siste Ă  simplifier parce que « si c’est simple, ça veut dire que je suis pas indispensable ».

Et au final, on se retrouve avec un planning de ministre, une todolist de 47 points, et un cerveau qui tourne en boucle Ă  3h du mat’.

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Théorie n°5 : On confond « difficulté » et « souffrance »

Et si c’Ă©tait juste ça le problĂšme ?

Oui, ĂȘtre indĂ©pendant c’est difficile parce que ça demande de l’Ă©nergie, de l’apprentissage et de la remise en question.

Mais difficile ≠ douloureux.

Tu peux apprendre quelque chose de dur sans te flageller mentalement 24h/24.

Tu peux galérer sur un sujet sans te pourrir la vie et celle de ton entourage.

Tu peux ĂȘtre Ă  ton compte sans transformer chaque journĂ©e en Ă©pisode de Koh-Lanta.

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ThĂ©orie n°6 : La quĂȘte illusoire du « un jour ce sera facile »

Celle-lĂ , elle est vicieuse.

On rĂ©siste Ă  la difficultĂ© parce qu’on attend le moment magique oĂč tout deviendra fluide.

Tu sais, ce moment oĂč tu auras assez de clients pour ne plus stresser, oĂč ta comm tournera toute seule, oĂč tu pourras enfin souffler.

Oui, ça peut arriver un jour
 ou pas !

C’est comme espĂ©rer que ton gamin va faire une connerie pour la derniĂšre fois, ou attendre que ton conjoint change enfin ce truc qui t’Ă©nerve depuis 10 ans pour enfin ĂȘtre heureux.

On refuse d’accepter la difficultĂ© d’aujourd’hui parce qu’on fantasme sur la version « facile » de notre vie.

Celle oĂč on aura tout compris et tout maĂźtrisĂ©.

Oui, ça peut devenir plus simple, mais rare sont les vies sans difficultés ou trucs à régler, non ?

Sauf que pendant ce temps, on ne vit pas mais on survit en mode « dĂšs que j’aurai rĂ©glĂ© ce truc, je pourrai enfin  »

La vie facile et parfaite, c’est comme l’horizon : plus tu avances, plus ça recule.

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Alors on fait quoi avec tout ça ?

Franchement, je sais pas.

Enfin si, un peu.

DĂ©jĂ , arrĂȘtons deux secondes de glorifier la souffrance et de mettre sur un piĂ©destal le fait d’ĂȘtre entrepreneur.

Ce truc identitaire qui amĂšne certaines personnes Ă  se croire meilleure que les autres parce qu’elles sont Ă  leur compte.

Si tu bosses jusqu’Ă  minuit tous les soirs, c’est pas une mĂ©daille mais un signal d’alarme.

Si tu refuses de prendre une journée off parce que « tu peux pas te le permettre », bah désolé mais tu peux pas te permettre de cramer non plus.

Et surtout : accepte que la difficultĂ© fasse partie du jeu, mais que la souffrance c’est optionnel.

Oui, tu vas galérer, oui tu vas douter et oui, tu vas devoir apprendre des trucs chiants.

Mais non, tu n’es pas obligĂ© de te pourrir la vie pour ça.

​

La vraie question c’est pas : « Comment je fais pour que ce soit plus facile ? »

C’est : « Comment je fais pour que ce soit difficile
 sans que ça devienne toxique ? »

Et peut-ĂȘtre que la rĂ©ponse, elle est juste dans le fait d’accepter que :

  • Tu ne sauras pas tout faire
  • Tu n’es pas obligĂ© d’ĂȘtre disponible H24
  • Dire non, c’est pas de la faiblesse
  • Prendre du recul, c’est pas de la flemme

T’as surtout le droit de faire et de parler d’autre chose que de ton taf mĂȘme si ça te prend la tĂȘte
 parce que quelque chose me dit que ça peut te sortir d’un cercle pas trĂšs vertueux au quotidien.

Et pour finir, te rappeler tout simplement pourquoi tu fais tout ça, ce que ce choix te permet de vivre d’apprendre et de rĂ©aliser au quotidien, parce que mine de rien, il y a plein de trucs cool d’ĂȘtre Ă  son compte quand mĂȘme.

Parole de blond vĂ©nitien certifiĂ© qui refuse sa rĂ©alitĂ© capillaire depuis 20 ans 😉

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C’est tout pour aujourd’hui et c’est dĂ©jĂ  pas mal !

Rendez-vous jeudi prochain à 12h30 pour le « Débrief du Jeudi » en Live (abonne toi ici)

Comme d’hab si tu as besoin d’un coup de main, tu peux rĂ©server un crĂ©neau ici.

PS : AurĂ©lie, si tu lis ça : je suis toujours pas roux. Merci d’arrĂȘter cette campagne de dĂ©sinformation 😅

A trùs vite 🚀
​JP