La Newsletter du lundi
***

J’ai choisi mon mensonge pour 2026

par | 29, Déc 25

Salut !

J’espère que tu as passé de belles fêtes de Noël !

En même temps en te disant ça, je me demande si c’est obligatoire qu’elles soient « belles ».

Parfois, ça part en cacahuète avec l’oncle qui a un avis TRÈS tranché sur l’immigration après le troisième Kir Cassis.

Parfois la famille est trop loin ou carrément absente.

Parfois on est avec ceux qu’on aime et c’est cool.

Et parfois on en a juste rien à branler de tout ce bordel avec les guirlandes qui clignotent comme une boîte de nuit des années 80.

En tout cas, aujourd’hui dernière Newsletter de l’année.

La dernière fois on avait parlé bilan de fin d’année d’une manière un peu particulière, loin des injonctions aux résolutions type « cette année je cours un marathon » (qu’on abandonne le 12 janvier… flemme).

Merci d’ailleurs pour les supers retours que j’ai pu avoir.

J’ai pu voir à travers les messages que j’ai reçus et les partages touchants lors du dernier Débrief (Replay du Débrief à cœur ouvert), à quel point il ne suffit pas de grand-chose pour se regarder avec un peu plus de douceur et de fierté.

Et ces retours m’ont fait réfléchir à un truc.

On parle rarement de qui on veut être.

De quelle place on veut avoir parmi les autres l’année prochaine ?

Oui je sais, en vrai on va juste passer d’un mercredi 31 décembre à un jeudi 1er janvier.

Y’a pas de portail magique, juste un jour de plus.

Pourtant, y’a quelque chose dans cette période qui nous pousse à nous poser des questions.

Moi, y’a plein de trucs qui me révoltent.

Les abus de faiblesse, la violence, la manipulation, le mépris de l’autre.

Mais quelle est ma place dans tout ça ?

Pas « mon chemin de vie » ou « ma mission » (tu sais, le truc qui finit souvent par « L’univers œuvre pour moi » et « j’écarte ceux qui ne vibrent pas à ma fréquence » à peine égocentré).

Mais le « à quoi je participe dans ce que je fais, avec ce que je penses, et comment je veux contribuer ? »

Pour moi, ça va passer par un truc tout simple.

Ça fait des années que je me demande si la clé de l’empathie ne tiendrait pas juste en deux phrases :

« Tout le monde ment. »

« On est tous un peu cons. »

Bon ok, dit comme ça, ça sonne violent… laisse moi t’expliquer.

« Tout le monde ment ».

Cette phrase vient de ma série préférée, Dr House (entre pseudo-connards on doit se reconnaitre).

En gros elle raconte qu’on se ment à soi-même et aux autres en permanence, la plupart du temps sans même s’en rendre compte.

Parce qu’on veut tous se raconter qu’on est des personnes bien et cohérentes qui ont compris des trucs.

Alors on fait des choix et après on s’invente des raisons pour justifier ces choix.

Genre, petite sélection de nos incohérences collectives préférées :

  • On prône la bienveillance… et on envoie chier le mec du SAV qui fait juste son taff.
  • On prône le bio sans pesticides… et on fume des clopes au balcon.
  • On critique le capitalisme… en attendant le Black Friday comme Noël.

(T’as déjà regardé Mariés au Premier Regard en te disant « ouf, au moins moi je suis pas comme eux » ? Bah voilà.)

Bref, on est tous des petits hypocrites adorables avec une mémoire de poisson rouge sur nos propres bêtises.

« On est tous un peu cons »

Attention, dans « tous » il y a moi, toi, le voisin, l’oncle qui aime le Kir Cassis, le platiste…

Et surtout celui qui dit « moi je suis pas con ». Pourquoi ? Parce qu’on ne peut pas tout savoir.

Enfin, on POURRAIT écouter ceux qui savent…

Mais non.

On base nos opinions sur un petit tas de connaissances forcément limitées + nos croyances totalement biaisées par nos expériences.

En gros : Opinion = Ce que je crois savoir + Ce que je veux croire

(Je viens d’inventer une formule mathématique, je peux postuler au prix Nobel maintenant ? Et je ne l’ai même pas inventée mais j’ai plus la ref, on s’en fout on va dire que ça vient de moi ça fait classe)

Et pourtant… on y croit fort… genre très FORT !

Au point où ton beau-frère qui a regardé 3 vidéos YouTube va t’expliquer la géopolitique mondiale pendant 45 minutes au repas de famille.

Et toi tu hoches la tête en te demandant si c’est le moment de ressortir l’argument du dessert pour couper court.

Imagine si on appliquait vraiment la règle « tu parles QUE de ce que tu maîtrises à 100% ».

Les réseaux sociaux ? Une ville quasi fantôme du Far West avec la boule d’herbes sèches, le vent qui siffle = silence total.

Bon, on aurait peut-être :

  • La guéguerre éternelle « ananas sur la pizza : crime ou génie ? »
  • Le suivi heure par heure de la météo à Châteauroux : palpitant !
  • Le gars qui collectionne les tickets de caisse et nous raconte leur histoire

C’est à peu près tout.

Mais non, on balance tous notre avis comme des cowboys qui tirent en l’air dans un saloon.

PAN PAN « Moi je pense que… » PAN PAN « Franchement… » PAN PAN

Et le pire ? Le biologiste qui a fait 10 ans d’études ? On l’écoute pas.

Mais Kévin qui a lu un post sur X et regardé un doc Netflix ? LUI il sait.

Et le pire du pire ? On fait TOUS pareil.

Parce qu’au fond, on a tous besoin de certitudes pour se rassurer quitte à ne pas écouter les spécialistes des sujets, même si dans tout ce brouhaha il devient parfois difficiles de les identifier.

Alors on assène des vérités et on les défend bec et ongles… Et plus quelqu’un nous contredit, plus on s’accroche.

Si on acceptait vraiment qu’on est tous un peu à côté de la plaque avec nos certitudes approximatives… On serait peut-être un peu plus humbles, un peu plus à l’écoute et surtout un peu plus cools les uns avec les autres.

Non ?

« Bon ok JP t’es bien sympa avec tout ça mais pourquoi tu me parle de ça ? En quoi ça va m’aider à choisir ma place pour 2026 ? »

Laisse moi te donner un exemple, tu vas comprendre.

Les réseaux sociaux ont été créés pour échanger, aider, connecter plus facilement les uns avec les autres, diffuser la connaissance.

Sauf qu’aujourd’hui, c’est devenu une machine utilisée pour convaincre.

Convaincre l’autre que TES idées sont les bonnes.

Convaincre l’autre de travailler avec toi.

Même combat, même mécanisme… On ne cherche plus à comprendre l’autre, on cherche à le faire basculer de notre côté à n’importe quel prix.

(Et quand je dis « on », je parle pas forcément de toi personnellement hein. Je parle de la grosse machine collective qui nous pousse tous dans cette direction.)

Et je ne sais pas si tu as remarqué mais ça ne se passe pas que sur internet…

Même l’authenticité est utilisée par certains comme technique de vente.

« Apporter de la valeur » = pré-vendre en douce.

« Être vulnérable » = créer de la connexion émotionnelle… pour mieux convertir après.

« Partager mon histoire » = premier chapitre du tunnel de vente.

Alors on fait quoi dans tout ça ?

Et c’est là que j’en reviens au sujet du jour : Quelle place tu veux avoir en 2026 ?

Par exemple, dans ton taf : tu veux vraiment aider quelqu’un… ou tu veux gagner de l’argent ?

Attention, je dis pas que c’est l’un OU l’autre.

Je dis pas non plus que gagner de l’argent c’est mal.

Je pose juste la question : qu’est-ce qui vient en premier pour toi ?

L’argent puis éventuellement l’aide ? Ou l’aide, et l’argent vient avec ?

Parce que l’ordre change tout : Ta manière de communiquer, de travailler, tes choix au quotidien.

Moi j’ai fait mon choix…

De ne pas voir un client comme un porte-monnaie sur pattes.

D’essayer de ne pas voir le platiste comme un abruti fini (Bon, quand il sort ses arguments sur « la courbure qu’on voit pas », c’est rude). Mais comme quelqu’un qui cherche sa place dans le monde et qui s’accroche à un truc pour se sentir moins con que les autres car lui… il SAIT.

Et parfois… je me fais rattraper.

Rattraper par l’envie d’avoir un CA peinard.

Rattraper par cette petite voix qui me dit « quand même, moi je suis moins con que lui ».

Ce reflexe égocentrée qui me rassure, parce que j’ai mes limites, mes peurs comme tout le monde.

Mais j’ai choisi d’essayer quand même, même si c’est imparfait.

J’ai choisi ma connerie :

Celle de prendre le temps de réfléchir avant de parler.
Celle de croire que la connexion et le respect entre les gens seront toujours plus forts que cette machine à convaincre qu’on a construite.
Même si franchement ce n’est pas facile tous les jours.

Ça demande de s’y tenir sans pour autant croire qu’on détient la vérité.

Juste choisir la place qu’on veut occuper et le message qu’on veut porter.

Sans vouloir faire basculer l’autre à tout prix.

Et oui je sais, moi aussi je te partage mon point de vue là, mais je te force pas à le prendre hein, tu fais ce que tu veux de ce pavé.

Parce que sinon… je deviendrais juste une autre pièce de cette machine à convaincre.

Je me demande ce qui se passerait si on arrêtait de s’enfermer deux secondes dans nos certitudes.

Si on se rappelait qu’on est tous sur le même bateau, rond, bleu, fragile, et complètement perdu au milieu de l’univers.

Est-ce qu’on s’accorderait tous pour le préserver en faisant en sorte que chaque passager puisse vivre cette courte traversée qu’est la Vie du mieux possible avant la relève du prochain équipage ?

J’ai choisi de me rappeler qu’il y a un humain derrière chaque pseudo, chaque client, chaque avis qui m’énerve.

Juste… penser aux gens, vraiment

Tu vois, si je te raconte tout ça aujourd’hui…

C’est pas pour faire une morale à deux balles.

C’est juste que cette période de fin d’année, elle nous pousse à nous poser des questions.

Et je me suis dit que plutôt que de te demander “C’est quoi tes objectifs pour l’année prochaine ?”…

Je préférais te demander “quelle personne tu as envie d’être avec les autres en 2026 ? ».

Parce que c’est peut-être la question la plus importante de mon point de vue.

Moi j’ai envie d’être celui qui :

Rappelle l’importance du respect, de l’humilité et de l’écoute.
Alerte sur les manipulations, les abus, les influences toxiques.
Aide celles et ceux qui ont envie de faire quelque chose qui fait sens pour eux, le mettre en mots, en forme, le rendre viable et réaliste.
Aide les autres au gagner leur vie en restant humains tout simplement.
Et dans tout ça, être un papa présent, un conjoint qui écoute vraiment, un pote qui répond aux messages.

C’est peut-être un mensonge que je me raconte.

Mais celui-là, j’ai envie de le garder.

Alors, voilà ma place pour 2026.

Et toi ? Quelle sera la tienne ?

Merci d’être là.

Merci de lire ces pavés chaque semaine.

Merci pour tes messages, tes retours, tes partages au Débrief.

On se retrouve en 2026.

Avec nos contradictions, nos certitudes, et peut-être, si tu le souhaites, cette envie d’être un peu plus humains.

C’est tout pour cette année et c’est déjà pas mal !

A très vite 🚀
​JP