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J’ai raté mon année… vraiment ?

par | 15, Déc 25

Salut,

J’espère que tu vas bien et que tu te prépares mentalement à la fin d’année.

La semaine dernière au Débrief, quelqu’un balance : « J’ai raté mon année »

On creuse un peu, et franchement, pour une année « ratée » elle en a fait des trucs !

Alors ? Ratée ? Vraiment ?

Et c’est là que je me suis dit qu’il fallait qu’on parle de ce truc.

Ce moment magique de fin d’année où entre le 31 décembre à 23h59 et le 1er janvier à 00h01, tu passes de « j’en ai ras le bol suis claqué » à « nouvelle version de toi-même prête à conquérir le monde avec une liste d’objectifs de killer ».

Et tout ça juste en changeant de chiffre sur le calendrier.

Tu te souviens de la réplique de Forrest Gump ? « La vie c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. »

(Enfin sauf si comme mes gamins tu as un calendrier de l’Avent Kinder Bueno, là tu sais.)

Mais la vie d’indé par contre ? Ça c’est vraiment la boîte de chocolats version roulette russe.

Tu fais des plans sur 12 mois, et au bout de 3 semaines… enfin tu vois de quoi je parle.

Moi le premier.

« Cette année j’écris mon bouquin » = 4 ans que je me le dis.

Résultat ? Le bouquin attend toujours.

Pas parce que je suis un expert en procrastination, mais parce qu’à chaque fois, la vie fait mumuse entre nouvelles opportunités et quotidien qui t’embête.

Pendant ce temps-là, j’ai géré une crise de santé, soutenu des proches, accepté une proposition pro inattendue.

Mais dans ma tête je pourrais me dire « J’ai raté mon année ».

C’est complètement con.

Et c’est pour ça que j’ai arrêté les objectifs depuis quelque temps.

Parce que la vie s’en bat les ChocoBons de mes listes.

Pourquoi les objectifs font parfois suer (pour rester poli)

Ce n’est pas qu’ils sont inutiles, c’est que souvent ils te jugent sur ce que tu ne contrôles pas.

Genre : « Je veux +20% de CA cette année. »

Cool ! Super objectif, très « SMART », digne des meilleurs coachs professionnels.

Sauf que si un concurrent s’installe en face de chez toi ? Si tu tombes malade 2 mois ? Si ta mère a besoin de toi ? Et si, et si, et si…

Tu contrôles que dalle en fait.

Résultat ?

Tu arrives en fin d’année, t’as fait +2% au lieu de +20%.

Dans ta tête : ÉCHEC.

Alors que bordel, pendant cette année t’as peut-être :

  • Géré l’arrivée d’un enfant
  • Testé de nouvelles choses
  • Traversé un déménagement
  • Soutenu un proche malade
  • Fait face à une crise de santé
  • Continué à faire tourner ton activité malgré tout
  • Tenu le cap (même à 70%)

Mais non, l’objectif dit que t’as échoué.

Les objectifs deviennent des pièges quand ils te rendent esclave du résultat.

Donc tu passes ton temps à te sentir en échec sur des trucs qui dépendent pas que de toi.

Moi par exemple j’ai lancé mes Débriefs en abonnement en septembre.

Si je m’étais fixé un objectif genre « X abonnés d’ici fin d’année » ou « Y euros de revenus »…

Bah clairement, j’aurais raté.

Sauf que… Au lieu de me fixer un objectif, j’avais pris une décision.

Quelle différence ?

Un objectif c’est : « J’espère atteindre ça. »

Tu dépends de facteurs extérieurs en étant jugé sur un résultat.

Une décision c’est : « Je fonctionne comme ça maintenant. »

Tu reprends le pouvoir, pas sur le résultat mais sur le processus et sur comment tu vis ton quotidien.

Bon en vrai, il y a deux niveaux :

  • Le cap : Ta direction générale. Ton étoile du berger. (« Je me préserve », « Je construis sur le long terme », « Je fais ce qui fait sens »)
  • Les décisions : Les choix concrets qui découlent de ton cap. (« Je bosse 4 jours », « Je refuse les clients toxiques », « Je lance mes Débriefs »)


Exemple avec mes Débriefs :

Mon cap : « Je fais ce qui fait sens sans me renier, même si c’est pas rentable tout de suite »

Ma décision concrète : « Je propose les Débriefs en abonnement. Le deal ? Me démerder pour arriver à gagner ma vie avec autre chose, j’ouvre cet espace et vient qui veut. »

Tu vois la nuance ?

Le cap te donne la direction, les décisions te donnent les actions.

Et tu sais quoi ?

Quatre mois après, je kiffe toujours autant, on se marre, on pose des trucs et on avance ensemble.

Ça devient presque comme une petite famille avec des gens qui viennent toutes les semaines.

Un rendez-vous qui fait du bien.

Alors si j’avais eu un objectif chiffré ? J’aurais raté et probablement arrêté.

Mais j’avais pris une décision en fonction d’un cap, et celle-là, je l’ai tenue.

Et ça, personne peut me l’enlever.

Tu vois la nuance ?

Les objectifs te font parfois regarder ce qui manque.

Les caps et décisions te font regarder ce que tu fais et surtout pourquoi tu le fais.

Allez, je suis sympa c’est bientôt Noël, je te donne quelques exemples concrets :

Un objectif : « Je veux +20% de CA » > >Si t’arrives à +12%, t’as raté. Même si tu as traversé des trucs durs, mis en place la presta que tu rêvais de proposer.

  • Un cap + décision : « Je me préserve » >> Décisions : Je bosse 4 jours / Je refuse les clients relous / Je garde un jour off. Si tu tiens ces décisions, tu as réussi, peu importe ton CA.


Un objectif : « Je veux 15 nouveaux clients par semaine » >> Si t’en as +10, échec. Même si ces 10 clients sont top et que tu kiffes bosser avec eux.

  • Un cap + décisions : « Je construis sur le long terme » >> Décisions : Je privilégie les clients récurrents / J’investis dans des trucs pas rentables maintenant. Si tu tiens ton cap, tu as réussi, peu importe le nombre de clients, qui à compléter mes revenus avec autre chose.


Un objectif : « Je veux lancer ma formation en ligne » >> Si tu la lances pas, raté. Même si t’as appris pleins de trucs géniaux.

  • Un cap + décisions : « Je fais ce qui fait sens, même si c’est pas rentable tout de suite » >> Décisions : Je lance mes Débriefs / Je teste des formats / J’investis du temps dans ce qui me nourrit. Si tu tiens ton cap, c’est réussi, peu importe les résultats immédiats, c’est le deal.

C’est ça reprendre le pouvoir.

Pas sur les résultats que tu ne contrôles pas forcément, mais sur comment tu te juges toi-même.

Sur comment tu vis ton quotidien, sur ta façon de fonctionner.

Sur ta souveraineté bordel ! (Oui je sais, j’ai l’air d’un coach motivationnel là, mais attends, je vais pas te demander de visualiser ton succès ou de sauter en l’air en criant « Je suis une Licorne super puissante !!! « … Promis…)

La question qui dérange

Alors voilà ma question pour toi : Comment tu veux juger cette année qui se termine ?

Sur ce que tu as réussi à gérer ? Ou sur les objectifs que tu t’étais fixés et que tu n’as pas forcément atteints ?

Regarde comment tu as fonctionné, les décisions que t’as tenues, les caps que t’as suivis ou ajustés.

Parce que ça, c’est toi qui le contrôles.

Et ça, personne peut te l’enlever et tu peux être fier de toi.

(Enfin presque, parce que bon, si tu décides « je bosse 2 jours » et que ton banquier t’appelle pour te parler de ton découvert… disons que ça peut légèrement influencer la suite des événements.)

L’acceptation lucide

Bon et 2026 alors ?

Parce que même si tu décides d’un cap solide pour 2026… La vie va quand même foutre le bordel dans un sens ou dans un autre.

C’est sûr.

Tu ne vas pas probablement pas tenir tous tes plans, il va y avoir des merdes, des imprévus et des trucs que tu contrôles pas.

Et c’est ok, c’est pas du défaitisme ni de la résignation.

C’est de l’acceptation lucide.

D’ailleurs, foutre le bordel ça marche dans les deux sens hein.

Parfois c’est en (très) bien.

Cette opportunité qui débarque de nulle part, cette rencontre qui change tout.

Ce truc qui marche 10x mieux que prévu ou ce client de rêve qui te trouve par hasard.

La vie te surprend dans les DEUX sens.

Et tu sais quoi ? Dans les deux cas, c’est pas forcément TON plan qui s’est réalisé.

Et c’est exactement pour ça que les caps tiennent mieux que les objectifs : ils s’adaptent aux bonnes comme aux mauvaises surprises.

Ton objectif de CA prend l’eau ? Ton cap « je me préserve » lui, il tient quitte à trouver d’autres sources de revenus.

Une opportunité dingue débarque ? Ton cap peut s’ajuster pour l’accueillir.

Genre moi cette année, je voulais une année plus paisible.

Loupé, niveau perso j’ai pas été épargné, et professionnellement j’ai dû me battre entre mes valeurs et comment fonctionne le monde.

(Purée, sur Instagram c’est pas facile ahahahah).

Mon cap « faire ce qui fait sens sans me renier » ? Je l’ai tenu au maximum, au prix de quelques sueurs froides niveau chiffre d’affaires mais ça je l’avais accepté en avance.

On fait tous de notre mieux en se donnant à fond avec les meilleures intentions du monde.

Et parfois ça suffit pas et on doit s’adapter, voir accepter des choses qu’on aurait pas voulu parce qu’on a pas le choix

Mais les objectifs te jugent sur le résultat.

Les décisions te permettent de te féliciter d’avoir tenu ton cap au maximum, celui que tu contrôles, même imparfaitement.

C’est la seule vraie liberté que t’as en tant qu’indé.

Alors oui, la vie va te surprendre en 2026.

Mais toi, si tu connais ton cap, dans un an, tu ne pourras pas te dire comme pendant le débrief : « J’ai raté mon année », mais « j’ai tenu mon cap et mes décisions autant que possible », ou encore « J’ai fonctionné comme je voulais fonctionner, j’ai géré ce qui est arrivé… j’ai fait de mon mieux. »

Et c’est déjà énorme !

Alors pour 2026 ?

« Oui mais JP, c’est facile à dire quand ton activité tourne… »

Je sais, t’as raison.

Mais un cap c’est pas forcément un truc philosophique qui te ruine.

Ça peut être super concret :

  • « Je me préserve » = je bosse 4 jours, je refuse les clients relous.
  • « Je protège ma vie perso » = pas de RDV après 18h, le week-end c’est sacré.
  • « Je construis sur le long terme » = j’accepte que ça va prendre du temps, je dois serrer la ceinture en attendant même si c’est chaud.

Des caps qui te donnent du pouvoir sur ton quotidien sans te flinguer financièrement et qui surtout maintiennent l’équilibre nécessaire entre ton travail et ta santé mentale.

Et si ton cap change en cours d’année ? Bah… il change c’est pas grave.

C’est pas un engagement à vie, mais une direction que tu choisis et tu peux la recaler.

Contrairement aux objectifs où si tu changes, tu peux avoir le sentiment d’avoir « échoué »… avec un cap, ajuster c’est juste naviguer.

Alors oublie tes listes d’objectifs, ou fait les si ça te parle mais en sachant qu’ils peuvent foirer. (Et ce n’est pas grave)

Si ça marche pour toi, génial, garde les.

Mais si tu passes ton temps à te sentir en échec… peut-être que c’est pas toi le problème.

Demande toi :

  • Comment tu veux vivre ton quotidien ? Pareil qu’en 2025 ? Ou il y a un truc que tu veux bouger ?
  • Comment tu veux exercer ton métier et/ou communiquer en 2026 ?
  • Qu’est-ce que tu décides de ne plus accepter ou de ne plus faire ?


Parce que ça, personne ne pourra te l’enlever.

Ça c’est ton pouvoir.

(Et non, « gagner au loto » c’est pas un cap valide… Désolé…. quoi que !)

Rendez-vous Jeudi à 12h30 pour le Débrief avec les abonnés pendant lequel on va faire exactement ça tous ensemble : regarder ce qu’on a géré en 2025, se féliciter, puis décider de nos caps pour 2026.

Et moi aussi je vais devoir m’y coller… ils m’ont forcé…

C’est tout pour aujourd’hui et c’est déjà pas mal !

P.S. : Pas de Newsletter la semaine prochaine, je serai en congés en famille. Rendez-vous le lundi 29 décembre pour la dernière newsletter de l’année.

A très vite 🚀
​JP