Salut,
J’ai longtemps hésité avant d’écrire cet article… pas par flemme, mais par peur d’ajouter un nouvel épisode au feuilleton des coachs qui doutent de tout sauf d’eux-mêmes.
Depuis plusieurs mois, j’entends de tout :
Des baisses de -30%, -50%, -80% du chiffre d’affaire (à ce rythme là, on va devoir faire nos bilans comptables chez Lidl).
Mais aussi des gens pour qui ça continue de tourner.
Bref, un vrai grand écart.
Et je me suis dit : « JP, parler de réussite à ceux qui galèrent, c’est indélicat. Et parler de galère à ceux qui avancent, c’est plombant. Alors j’ai failli me taire »
Paye ton syndrome de la copie blanche !
Tu sais, ce truc que les profs expliquent : les élèves préfèrent rendre une feuille blanche plutôt qu’une copie avec des erreurs. Comme ça, ils sont sûrs du résultat.
« Zéro » garanti, mais « Zéro » choisi !
Moi avec cet article ? Pareil.
Sauf que… Ce dont je vais te parler nous concerne TOUS sans exception peu importe l’état de ton compte en banque.
Mais pour commencer, soyons pragmatiques 2 secondes.
Entre la guerre, le bazar politique et le paquet de coquillettes qui coûte un SMIC, on n’a clairement pas les meilleures conditions pour une économie sereine.
Surtout si tu bosses avec des particuliers.
Le seul truc stable, c’est la hausse des prix.
Sauf que des crises, il y en a toujours eu.
2008, le Covid, les Gilets Jaunes, la guerre en Ukraine… À chaque fois c’est pareil : panique générale, prédictions apocalyptiques, « c’est la fin ».
Et puis… ça passe.
Récemment, j’étais en terrasse avec ma chérie, clairement pas l’idée du siècle avec la Tempête Benjamin en approche.
On papotait tranquille (scandales des pintes à 9 euros, déni des bretzels en France, les sujets importants quoi), et là… PAF !
Changement d’ambiance complet. Vent de ouf, verres qui volent et chaises qui bougent toutes seules.
On est resté là à discuter en tenant fermement nos bières (vu l’investissement) et en se marrant de voir ce qui se passait autour. Tout en évitant les fourchettes volantes quand même.
(Instinct de survie : certains protègent leurs enfants, moi ma pinte).
On a fini sur une jetée avec le vent et la pluie en mode cerf volant.
Et puis PAF, ça s’est arrêté et le soleil est revenu.
Tu la vois venir à 10 km mon analogie de merde hein ?
Des fois, faut juste encaisser la rafale et attendre que ça passe.
Sans se mettre en danger, mais sans tout arrêter non plus.
Il peut faire soleil à Nice pendant qu’à La Rochelle c’est la tempête.
Dans le business, c’est pareil. Certains bossent non-stop, d’autres comptent les jours avant le prochain appel. Même météo générale, pas le même climat local.
La « crise » ne touche pas tout le monde de la même manière.
Et soyons honnêtes : les gens dépensent toujours. Les priorités changent, c’est tout.
Normal ! Mets toi à la place de ton client 2 secondes qui a 100 balles de budget « perso » ce mois-ci.
D’un côté, il a le resto avec sa copine, des places de ciné pour les gamins, un massage parce que le dos est en vrac (Et parfois juste pouvoir faire ses courses ou ses cadeaux de Noel).
Et ta presta à 80 balles… il la garde pour plus tard.
Pas par manque d’intérêt, mais juste parce que le court terme prend toute la place.
À choisir entre toi et une raclette, le cœur a ses raisons que le ventre comprend très bien.
C’est humain, on choisit souvent tous ce qui nous soulage le plus vite, même si on sait que c’est pas toujours le plus juste.
En plus si ton marché est saturé c’est la merde ! Imagine que t’as le choix parmi 20 boulangeries au Km2, et que la baguette est devenue un luxe… bah ça ralentit le processus de décision.
Surtout quand tu as entendu pendant des mois que beaucoup de boulangeries te prennent pour un jambon avec leurs pubs aux promesses bidon, une urgence artificielle, les « transforme ta vie en 6 semaines avec mon croissant magique »…
Les gens sont méfiants, et franchement, après tout ce qu’ils ont vu passer… difficile de leur en vouloir.
Alors qu’est ce qu’on fait avec tout ça ?
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Étude de cas : 3 façons de réagir quand ça se complique (ou comment éviter que ça arrive)
Lors d’un récent Coaching de groupe, j’ai travaillé avec 3 personnes qui illustrent parfaitement ces 3 options :
Céline fait l’option 1 : Se planquer derrière son ordi
Tu ne sors plus, tu attends que ça passe. Sauf que ça peut durer des semaines, et pendant ce temps, tu vis pas.
Elle a passé 3 semaines à bosser sur un ebook. 3 exercices concrets pour relancer la récupération après le sport. Elle sait que ça peut aider des gens, elle l’a testé, c’est prêt.
Je lui demande : « Ok cool, tu l’as lancé ? »
Silence.
« Ben… en fait… je l’ai pas mis en ligne. »
Pourquoi ?
« Parce que si personne ne le télécharge, je vais être déçue. Alors autant ne pas le mettre… ».
Welcome mon copain le syndrome de la copie blanche.
Céline, elle se barricade chez elle avec son ebook, et attend quoi exactement ? Des conditions parfaites ? Un public acquis d’avance ? La garantie que ça va marcher ?
Le truc, c’est que pendant ce temps dehors, il y a des gens qui galèrent à récupérer après le sport. Qui cherchent des solutions, qui en ont besoin.
Mais comme Céline a peur de se prendre le vent dans la gueule… elle sort pas.
Et tu sais ce qui est dingue ?
Chez beaucoup, la peur de la déception finit par étouffer l’envie d’aider.
Zéro garanti, mais zéro choisi.
Résultat de l’option 1 ? Elle devient invisible, et quand le soleil revient, plus personne se souvient qu’elle existe.
Marie-Laure fait l’option 2 : les tongs sous la tempête ou l’art de faire comme si de rien n’était
En gros, tu sors en tongs, tu te prends tout dans la gueule, et tu finis avec une tuile dans le crâne.
Elle, sa tempête c’était pas la peur ou le contexte économique, c’était ses propres valeurs.
Marie-Laure avait un sujet qui lui tenait à cœur mais qu’elle osait pas aborder : la misopédie. Un truc intime, pas « vendeur », pas dans les codes du marché (en apparence).
Elle continuait sa comm’ normalement, en évitant le sujet, en restant sur des trucs « safe », comme si de rien n’était.
Sauf qu’au bout d’un moment… elle s’est dit « merde, si je parle pas de ce qui me touche vraiment, à quoi bon ? » Elle a fini par se lancer.
Elle a enlevé les tongs, elle a mis ses bottes.
Et là… Oh bizarre, la parole se libère, les gens réagissent. Un atelier qu’elle proposait est prolongé alors que les budgets étaient fermés. Des retours de dingue qui font du bien !
Pourquoi ?
Parce qu’elle a arrêté de faire comme si tout allait bien avec une comm’ aseptisée. Elle a parlé de ce qui compte vraiment. Pour elle, et pour les gens qui vivent le même truc.
Marie-Laure a rendu sa copie, même si elle était pas sûre du résultat. Même si c’était risqué et que ça pouvait « pas plaire à tout le monde ».
Mais elle l’a pas fait en mode « je fonce tête baissée ». Elle a adapté sa posture en en parlant authentiquement, sans forcer ni vendre.
Résultat de l’option 2 (bien faite) ? Les gens te voient. Ils savent que tu existes. Et quand ils sont prêts, ils pensent à toi.
(Si tu veux savoir ce que c’est la misopédie, va jeter un œil à son post ici, ça vaut le coup.)
Benjamin fait l’option 3 : Faire avec mais pas que
Tu sors, tu adaptes et tu vis quand même, mais différemment.
Benjamin veut pivoter son offre et se spécialiser dans le sommeil. Pourquoi ? Parce qu’il y a de la demande et qu’à force d’en faire depuis des années c’est devenu une spécialité et qu’il aime ça. Mais sa communication reste généraliste sur l’hypnose.
Le problème ? Les gens qui cherchent de l’aide pour dormir tombent pas sur lui. Tout parle d’hypnose généraliste.
Alors qu’en vrai, ce que pleins de gens veulent : ENFIN dormir.
On a bossé sur comment rediriger sa comm’ sans perdre ce qu’il a construit. Parler directement au besoin : « tu veux dormir ? Voilà comment je t’aide ».
Benjamin, il a compris un truc : Adapter, c’est pas renier.
C’est juste mettre son manteau quand il pleut.
Tu continues à faire ce que tu fais bien, mais tu l’exprimes différemment.
Tu te positionnes sur ce que les gens cherchent, ET sur ce que toi tu veux faire.
Il sort sous la tempête, mais avec le bon équipement.
Résultat de l’option 3 ? Il reste visible, il répond aux vrais besoins, il continue à avancer. Même si c’est pas exactement ce qu’il avait prévu au départ.
// Les replays des Coachings de Groupe sont accessibles aux abonnés (Découvrir les Débriefs du Jeudi).
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La question qui dérange
T’es plutôt Céline, Marie-Laure ou Benjamin ? Parce que soyons honnêtes : si tu lis encore, c’est que tu te reconnais dans l’un des trois.
Des fois, le problème c’est pas la tempête, c’est toi.
Tu sais ce que tu dois faire, genre vraiment, tu le SAIS.
Mais la peur te paralyse.
Copie blanche et tu attends que les conditions soient parfaites.
Sauf qu’elles ne le sont jamais.
La copie blanche, c’est une protection mais ça protège qui, exactement ?
Toi, ça te protège de la déception ou du jugement.
Mais les gens qui ont besoin de ton truc ? Eux, tu les protèges de quoi ? De rien.
Tu les prives juste de ce qui pourrait les aider et tu laisses la porte ouverte à ce que toi tu essayes de dénoncer.
C’est pas de l’humilité, c’est juste la peur qui se déguise bien.
La peur, c’est cette actrice qui adore mettre des lunettes rondes pour se faire passer pour la sagesse.
Dur, mais vrai.
Moi aussi j’hésite à écrire sur des trucs qui fâchent. Mais finalement, c’est quoi le pire ?
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Ouais, c’est la tempête pour certains. Les priorités se resserrent et les jobs « non essentiels » trinquent mais pas tous.
Mais putain, c’est PAS une raison pour abandonner.
Et si tu choisis d’arrêter, c’est pas un drame non plus.
Parfois, le courage, c’est de dire « stop », de souffler ou de faire autre chose pour survivre en attendant que ça passe.
On n’est pas des moines du business. On a tous des factures, des gosses ou des coups de mou.
Faire une pause, c’est pas lâcher mais respirer.
Si tu décides de continuer, saches que ceux qui restent visibles pendant la tempête c’est eux qu’on voit quand le soleil revient.
Moi je suis passé par là et ça arrive encore régulièrement.
2 ans de traversée du désert avec une tempête personnelle de fou et j’ai disparu des réseaux, oui.
Mais j’ai pas arrêté de bosser. J’ai bricolé, j’ai cherché des solutions et essayé de faire ce que je pouvais pour pas que tout s’écroule.
Oui j’ai failli tout abandonner 1000x, mais je me suis toujours dit : ça passera.
Et en sortie, j’ai relancé différemment.
J’ai repris l’écriture, j’ai adapté ce que je faisais, comme avec les Débriefs du Jeudi à 36 euros par mois pour ceux qui ont besoin d’aide au quotidien entouré d’indépendants comme eux.
Ou mes Coachings Business Doctor pour sortir de la tempête intérieure.
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Alors voilà.
La tempête passera, ou pas. Mais pendant ce temps, tu fais quoi ?
Tu restes barricadé en attendant l’hélico des secours ? Tu sors en tongs et tu te prends une tuile ? Ou tu mets tes bottes, tu tiens fermement ta bière et tu sors quand même ?
Personne ne viendra frapper à ta porte, mais dès que tu bouges, même un peu, les choses bougent aussi.
Rends ta foutue copie.
Même si elle est moche, même si y’a des fautes et même si tu penses que c’est de la merde.
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Au moins elle existe, et crois moi… il y a aura toujours quelqu’un à qui ça servira.
Les Débriefs du Jeudi ont lieu chaque jeudi à 12h30. Rejoins nous pour bosser ensemble sur ta situation.
C’est tout pour cet article et c’est déjà pas mal !
A très vite 🚀
JP
PS : Finalement je l’ai écrit et publié cet article. À toi de jouer Céline 😉
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